Les Eternelles… féminicides éloge aux femmes

Mais comment dans nos civilisations dites « policées » peut-il y avoir encore autant de meurtres à l’encontre des femmes ? Cette collection « les éternelles » rend hommage à toutes ces femmes disparues. Techniques mixtes, collage, peinture, leur yeux et leurs bouches semblent nous appeler, nous parler pour nous interpeller. Elles sont fragmentées et reconstituées pour rentrer dans la lumière.

En m’interrogant sur cette question, je m’aperçois, que déjà dans des civilisations avancées…le meurtre de l’épouse était LEGAL..!!

Petit rappel de la place de la femme dans l’histoire et dans notre société patriarcale….

Jadis, le mot «uxoricide» était employé pour qualifier le «meurtre de l’épouse par son mari». Le terme vient du latin uxor, «épouse». C’est un terme très ancien puisqu’il remonte au droit romain. Sous Auguste, il opère comme un droit du mari à tuer l’épouse quand il y a suspicion d’adultère puisque le mari peut être excusé de ce crime. Il faut se rappeler que la femme est conçue comme faisant partie intégrante de la propriété maritale. L’adultère était donc perçu comme une violation du droit marital. Tuer la femme était ainsi une réponse au déshonneur qui avait été fait à l’époux.

Ce n’est que sous la Révolution Française, que s’opère un changement. Les révolutionnaires vont fonder la responsabilité pénale sur la raison et non sur une logique de passion, sous-jacente à l’uxoricide. Sous Napoléon, l’uxoricide n’est plus employé mais l’article 324 du Code pénal de 1810 permet à nouveau à l’époux de tuer l’épouse, si cette dernière est prise en flagrant délit d’adultère.

Contrairement au terme «uxoricide», le concept de «féminicide» est tardif. Il est utilisé pour la première fois au sein du Tribunal international des crimes contre les femmes, à Bruxelles, en 1976. C’est un regroupement de femmes et de féministes qui entendent parler des violences faites aux femmes. Par la discussion, celles-ci vont aboutir à la conclusion que dans un très grand nombre de sociétés, des femmes sont tuées parce qu’elles sont des femmes. Alors, elles choisissent le terme de «féminicide» pour désigner ce fait social. Ainsi lorsqu’on emploie le terme de «féminicide», on sait tout de suite qui est la victime.

Par ailleurs, il y a plusieurs types de féminicides. La typologie de l’OMS en retient quatre : féminicide intime, féminicide commis au nom de l’honneur, féminicide lié à la dot, féminicide non intime.

Ceux sont ainsi des vieux schémas de construction familiales qui persistent et les victimes sont toutes sous la même emprise d’une représentation traditionnelle de la famille où domine l’appropriation des femmes. C’est le caractère profondément destructeur de l’inégalité entre les sexes, et sa collusion profonde avec un modèle familial hautement pathogène, car fondé sur l’emprise, une emprise qui dégénère et engendre la violence…mortelle qui entraine le passage à l’acte. Il s’expliquerait ainsi par la combinaison de divers facteurs psychologiques, psychopathologiques et contextuels ou sociaux.