COLLECTION « Géants »

Huile et couteau

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Entrer dans mes tableaux, c’est s’immiscer dans des espaces, des coins de murs, des angles, sortes d’espace avec plafond et sol, avec des passages, des ouvertures. Le registre de ma peinture fait écho à des savoir-faire dit « classiques » : traces du couteau, perspective atmosphérique, composition savante, mais là où je sors des codes académiques, c’est avec mes bords non affirmés comme illimité, avec mes superpositions de couches de peinture, trace récurrente de mon couteau.
Se mettre devant « ma toile », c’est accepter un face à face avec tout ce qui m’interroge, où chacun peut projeter ses visions ou obsessions dans ces images ouvertes qui laissent alors le regardeur les compléter par son imaginaire.

Ce travail est lié à mon analyse des modifications fondamentales dans les mégapoles des structures architecturales. Mes séjours dans des grandes villes comme New York, m’ont permis d’affiner mon analyse. Les disproportions des grandes villes m’intéressent pour traiter l’aspect dévorant des architectures ou l’homme disparait complétement au profit des structures monumentales. Cette disproportion m’a interpellé très tôt par le complexe « Antigone » en 1978 à Montpellier de l’Architecte catalan Ricardo Boffill, ou la grece antique ressurgit et notre culture Méditerranéenne en même temps, l’architecte prend le contrepied du dogme moderniste qui rejette l’ornement et impose un style néo-classique en utilisant des éléments décoratifs empruntés à l’art antique. L’homme, par contre y disparait, engloutit sous les arches, arcades et les dimensions titanesque des structures. 
Cette cité fut réalisée pour des Dieux géants, suivi de près par les « espaces d’Abraxas » à Noisy le Grand en 1980. 
Mais la, ou Boffil se rattachait à notre histoire par ces rappels à l’art antique, dans les grandes cités, à contrario, se développe une architecture encore plus Géante, inerte, sans appartenance à une époque, plus de revêtements, d’accessoires, plus de statues, tout est géométrique, cubique, inhumain. Architecture sans mémoire, sans identité, un langage commun aux grandes cités, elle se ressemblent aux quatre coins des confins de la terre. Uniformisée, cette architecture traverse les mers, devient internationale sans caractère, identique de Tokyo ou Shanghai, voire New York, ces villes fascinantes, gorgées d’énergie de verre et d’acier ont une identité commune, celle des « Villes Mondes » qui exercent leurs pouvoirs à l’échelle planétaire. Elles rivalisent en hauteur de construction…toujours plus haut, plus grand dans l’élaboration de skylines (paysage de gratte ciel) et projets pharaoniques. Mais la pandémie et le réchauffement climatique ont tout changer. Notre défi pour ce 21e siècle sera « d’habiter le monde » autrement pour harmoniser l’Homme et la cité…peut-être !
Mes représentations sont imaginaires, je ne travaille pas sur support, ni photo mais à travers le prisme de mon imaginaire, je traite le dessin et l’architecture en jouant sur la double lecture de l’abstrait et du figuratif.

Traces humaine