Collection : Les « éternelles »

C’est un ensemble de création qui traite des violences faites aux femmes en techniques mixtes sur carton entoilé, à l’heure de #meetoo, de balance ton porc, du nombres d’agression…, en 2020, on découvre que finalement beaucoup de choses sont restés en l’état voir même ce sont accentuées. Mes créations sont une identifications d’un état d’être que l’on veut annihiler, cela se caractérise par l’exagération de la bouche, des yeux, d’éléments du corps qui réagissent à l’agression, dans des situations du quotidien, puis c’est elles qui prennent le pouvoir, leur revanches..car… les femmes seront toujours éternelles.

C’est dans un enchaînement d’idées, d’expériences multiples, de processus nouveaux, de hasards ou d’accidents parfois, comme dans un laboratoire, que se multiplient alors les étapes et les processus créateurs de mes œuvres. Il s’agit souvent d’additions, parfois de soustractions de différents éléments. Ces images récupérées au travers de les différentes lectures, sont tronquées, avec des contours volontairement indéfinis, et qui utilisent le feutre, la peinture acrylique, le dessin sur le collage pour réaliser des contrastes forts dans leur réalisation. Elles se construisent petit à petit par additions des différents éléments de la composition.

Chacun peut projeter ses visions ou obsessions dans ces images ouvertes qui laissent alors le regardeur les compléter par son imaginaire.

Mais comment dans nos civilisations dites « policées » peut-il y avoir encore autant de meurtres à l’encontre des femmes ? Cette collection « les éternelles » rend hommage à toutes ces femmes disparues. Techniques mixtes, collage, peinture, leur yeux et leurs bouches semblent nous appeler, nous parler pour nous interpeller. Elles sont fragmentées et reconstituées pour rentrer dans la lumière.

En m’intérrogant sur cette question, je m’aperçois, que déjà dans des civilisations avancées…le féminicide et en l’occurrence, le meurtre de l’épouse était LEGAL..!!

Petit rappel de la place de la femme dans l’histoire et dans notre société patriarcale….

Jadis, le mot «uxoricide» était employé pour qualifier le «meurtre de l’épouse par son mari». Le terme vient du latin uxor, «épouse». C’est un terme très ancien puisqu’il remonte au droit romain. Sous Auguste, il opère comme un droit du mari à tuer l’épouse quand il y a suspicion d’adultère puisque le mari peut être excusé de ce crime. Il faut se rappeler que la femme est conçue comme faisant partie intégrante de la propriété maritale. L’adultère était donc perçu comme une violation du droit marital. Tuer la femme était ainsi une réponse au déshonneur qui avait été fait à l’époux.

Ce n’est que sous la Révolution Française, que s’opère un changement. Les révolutionnaires vont fonder la responsabilité pénale sur la raison et non sur une logique de passion, sous-jacente à l’uxoricide. Sous Napoléon, l’uxoricide n’est plus employé mais l’article 324 du Code pénal de 1810 permet à nouveau à l’époux de tuer l’épouse, si cette dernière est prise en flagrant délit d’adultère.

Contrairement au terme «uxoricide», le concept de «féminicide» est tardif. Il est utilisé pour la première fois au sein du Tribunal international des crimes contre les femmes, à Bruxelles, en 1976. C’est un regroupement de femmes et de féministes qui entendent parler des violences faites aux femmes. Par la discussion, celles-ci vont aboutir à la conclusion que dans un très grand nombre de sociétés, des femmes sont tuées parce qu’elles sont des femmes. Alors, elles choisissent le terme de «féminicide» pour désigner ce fait social. Ainsi lorsqu’on emploie le terme de «féminicide», on sait tout de suite qui est la victime.

Par ailleurs, il y a plusieurs types de féminicides. La typologie de l’OMS en retient quatre : féminicide intime, féminicide commis au nom de l’honneur, féminicide lié à la dot, féminicide non intime.

Ceux sont ainsi des vieux schémas de construction familiales qui persistent et les victimes sont toutes sous la même emprise d’une représentation traditionnelle de la famille où domine l’appropriation des femmes. C’est le caractère profondément destructeur de l’inégalité entre les sexes, et sa collusion profonde avec un modèle familial hautement pathogène, car fondé sur l’emprise, une emprise qui dégénère et engendre la violence…mortelle qui entraine le passage à l’acte. Il s’expliquerait ainsi par la combinaison de divers facteurs psychologiques, psychopathologiques et contextuels ou sociaux.

En tout état de cause, il est temps …que les temps changent !

Techniques mixtes : dessins, collage et peinture sur toiles ou carton

éternelles 7 © arly auclair
éternelles 4 © arly auclair
éternelles 21 ©arly auclair

retrouvez l’ensemble de ma collection dans portofolio + dans le menu