Nu(e)s acéphales

Thème récurrent de mes explorations plastiques, le corps, je l’affectionne sans jamais interpeller le haut du corps, la tête et encore moins les visages, seul m’intéresse la recherche sur la forme et le mouvement. C’est donc une oeuvre…sans tête, nommée acéphale.

Complète ou partielle, la « sensation » du corps s’exprime ainsi sur la toile. Les corps n’étant pas représentés pour être contemplés mais pour faire naître chez le spectateur un questionnement. La peinture se rapproche de la sculpture avec le rendu des ombres et des lumières, des volumes, des modelés. En créant un « acéphale « , s’exprime aussi le vide, le manque et s’ouvre en conséquence le retour à la forme, à son langage figuratif , également aux sensations, aux questionnements de l’image et donc le retour aux mythes, est-ce un homme, un dieu…?

En se représentant, l’homme a affirmer sa place dans le monde et la nature qui l’entoure, et rivalise, en tant que créateur, avec les dieux qu’ils tenaient jadis pour fondateurs de la nature et de lui-même.

« La sensation, c’est ce qui est peint. Ce qui est peint dans le tableau c’est le corps, non pas en tant qu’il est représenté comme objet, mais en tant qu’il est vécu comme éprouvant telle sensation. » Gilles Deleuze

Le nu reste l’occasion pour les peintres, de se confronter à un sujet qui non seulement présente des difficultés dans la maîtrise de la représentation de l’anatomie, mais aussi permet de créer une image du beau, en tant qu’idéal. Dans cette étude, où le corps peut être décalé, partiellement effacer ou tronquer, il ne reste que le corps, lui seul parle et s’exprime, sans visage, seul le mouvement raconte une histoire dans les postures qu’il initie parfois même de dos, non pas offert à notre regard mais dos tourné vers l’infini des possibilités.